Mona
Femme et peintre manouche

Mona, c'est Juliette Metbach, la douceur et la simplicité même. Son père avait un petit cirque ambulant et promenait sa famille sur les routes de France  pour gagner sa vie. Lorqu'il fut soigné à l'hôpital de Saint-Quentin, la petite Mona fit quelques dessins pour remercier les médecins et les infirmières. Mais jusqu'à dix-neuf ans, elle continua son travail d'acrobate et de contorsionniste. Alors, ce fut le drame, le père décéda et le cirque fut rituellement brûlé avec tout ce qui lui avait appartenu. Mona fit alors de la vente au porte à porte.

C'est à la cueillette des cerises qu'elle rencontra Matéo avec qui elle eut quatre enfants. Et pour son anniversaire, pour ses cinquante deux ans, Matéo lui offrit une vraie boîte de peintures. Depuis elle ne cesse de peindre et nous de remercier Matéo. Que de chemin depuis : une de ses toiles vient d'être acquise par un musée national.

Certains ont comparé sa peinture à celle de Van Gogh. C'est vrai qu'il y a chez elle cet art "brut" qui palie le savoir-faire technique, académique par un travail "brut" de la matière et un émerveillement devant la couleur. Mais le vécu y est fort différent. Mona a connu ces petits matins embrumés quand le camp s'éveillait dans les vapeurs bleutées. Qui aurait pu faire jaillir de sa mémoire ces verdines au repos, ces instants d'une vie que peu ont connue telle ?

Et la vérité du couple au bout du rang de vigne, quand avec la bonne vendange s'ajoute le plaisir du travail bien accompli.

Matéo peint lui-aussi.

Mona et Matéo continuent à parcourir les routes de France. Peut-être, un soir d'automne, passerez-vous à côté de leur caravane, sans savoir qu'à l'intérieur, sur un coin de table recouvert de papier journal, Mona et Matéo s'émerveillent des couleurs et des formes qu'ils font naître  sur un petit morceau de toile.
 


Pour tous contact, s'adresser au site Balval qui joindra Mona et Matéo.