Causes et conséquences du nomadisme

des Tziganes d'Europe

Rapport à l'UNESCO de

Vania de Gila -Kochanowski

Mai 1983

(Toutes précisions et développements de ce texte peuvent être lus dans "ParlonsTsigane" L'Harmattan 1994)

 


Diffamations

Le clergé orthodoxe de Bulgarie tenait au 19ème siècle le fait de donner quelque chose à ces Gitans pour un péché plus grave que le vol ! "En 1608, le presbitère d'Abereen condamna à une amende deux hommes qui avaient vendu de la viande et des boissons à des Gitans; ils durent se repentir publiquement devant la chaire le dimanche suivant". Dans ces conditions, comment peut-on reprocher aux Gitans de voler s'ils ne peuvent acheter leur nourriture ?

Les Pérsécutions

Dans tous les congrès, rassemblements tsiganes ou non-tsiganes, organisés par des Tsiganes ou des non-Tsiganes, je n'ai cessé d'insister sur le fait qu'un nombre incroyable de livres et articles étaient consacrés à la persécution et à l'extermination cyclique des Romané Chavé (en particulier en Europe Ocidentale) sans qu'aucun des auteurs n'eut l'idée de nous donner des raisons valables de ces persécutions et des solutions valables pour les faire cesser. Je ne relèverai donc que quelques points marquants dans le passé et à l'époque contemporaine. La raison en est simple : nous, les Romané Chavé, n'avons nul besoin d'apitoiement sur notre destin, mais nous réclamons à grands cris nos droits de citoyens à part entière.

Dans le passé

Il est probable que je ne suis pas le seul à m'étonner du nombre et de la cruauté des édits qui se succédèrent dans tous les pays occidentaux avec une rapidité effarante. C'est une mobilisation générale (police, armée et paysans), faux-procès, tueries, déportations aux galères, chasses à l'homme permanentes ...

Entre 1416 et 1774, la seule Allemagne avait promulgué 148 lois et décrets contre les Romané Chavé. En Espagne, on compte 38 pragmatiques royales ou décrets en Conseil de Castille entre 1499 et 1784, sans compter une vingtaine d'édits particuliers pour la Navarre, l'Aragon, la Catalogne, Valence et Grenade. Au Portugal, 27 lois depuis 1525; dans le Milanais, plus de 60 "gridas", de plus en plus rigoureuses, entre 1568 et 1693.

En France, l'exécution rigoureuse de l'Edit de Louis XIV fournit aux galères d'importants contingents de Tsiganes, mais ce sont les Etats de Navarre (le Pays Basque) qui s'illustrèrent dans l'extermination des Romané Chavé. En 1538, l'Assemblée des Etats de Navarre rendait une ordonnance de bannissement contre les "Bohèmes, vagabonds et autres semblables avec défense d'y entrer à peine le fouet". La même ordonnance "défendait à toute personne de leur donner asile, de faire aucun traité d'achat ou d'échange avec eux, sous peine de cent livres d'amendes".15

Un autre pays qui a décidé de se débarrasser des Romané Chavé et obtint succès est la République des Provinces Unies des Pays-Bas. A partir du début du 18ème siècle, de véritables battues de Tsiganes, souvent meurtrières (les "Heidenjachten" : chasses aux païens) sont organisées avec le concours de l'armée (de l'infanterie et de la cavalerie), de la police et même de la coopération d'Etats germaniques comme Clèves et Münster. A la suite de ces opérations impitoyables, les Tsiganes au milieu du 18ème siècle avaient complètement disparu des Provinces Unies.

Dans certains pays comme le Portugal, l'Espagne et l'Empire austro-hongrois, les répressions, les punitions corporelles allaient de pair avec le génocide culturel (interdiction de l'usage de la langue et du costume). De plus, en Espagne, un Gitan, pris sur la route, sans domicile fixe, pouvait être réduit en esclavage. Et l'on accuse encore les Romané Chavé de banditisme ! Quel homme, épris de liberté, ne préférera se battre jusqu'à la mort plutôt que d'être réduit à l'esclavage ?

 La loi anglaise punissait de mort,déjà,en 1554, le fait d'être Romano Chavo et Elisabeth 1ère englobait dans le texte "ceux qui sont ou deviendront commensaux des Egyptiens". A Aylesburry, en Angleterre, sept hommes et une femme furent condamnés à être pendus en 1577, après avoir été reconnus coupables "d"avoir été en relation avec les Egyptiens". 16

Donc, l'interdiction de vendre ou d'avoir des rapports avec les Bohémiens, aussi bien dans les pays latins que dans les pays anglo-saxons, n'était pas une simple menace. Presque partout, on avait droit à une somme d'argent pour la découverte ou la dénonciation des Gitans aux autorités.

On chassait le Gitan comme on chasse le renard. Au Danemark, un hobereau du pays rhénan donne sa liste de gibier abattu dans la journée de chasse : " une Gitane avec son nourrisson".

Cependant, ce sont les Espagnols qui se sont distingués dans cette sorte de chasse mais sans aucun sadisme germanique : "Une gigantesque rafle permit en 1749 la capture simultanée d'environ 12 000 Gitans. III L'on ne sut d'ailleurs qu'en faire, à quels travaux les employer en Espagne ou dans les Indes ; on fit un tri parmi eux et l'on en relâcha un bon nombre."

En Allemagne, comme de toute façon arrestation "fut synonyme d'exécution capitale, certains Gitans se constituèrent en groupe de combat. Un des plus rudes affrontements se produisit en 1722 quand mille Gitans armés, traînant de l'artillerie légère livrèrent bataille à l'armée régulière." 17 IV Les Allemands accompagnaient presque toujours l'extermination des Romané Chavé de toutes sortes de tortures, souvent allant jusqu'à la mort pour arracher les prétendus crimes. (sf. Le procès célèbre de Kässwasser en 1722).

Dans l'Empire austro-hongrois régnaient presque la même cruauté et le même esclavage qu'en Roumanie. C'est ainsi qu'un propriétaire terrien de Siebenbürgen (1736) se vante en ces termes du châtiment infligé à un esclave gitan : "A la demande de ma chère épouse, je l'ai fait battre avec des cannes sur la plante des pieds jusqu'à ce que le sang coule, puis je l'ai obligé à tremper ses pieds dans une forte solution caustique. Après cela, pour le faire punir de propos inconvenants, je lui ai fait couper la lèvre supérieure, que j'ai fait rôtir, et je l'ai obligé à la manger". 18

C'est dans l'Empire austro-hongrois aussi qu'a eu lieu le plus diffamant et le plus cruel de tous les procès que l'Europe ait connu, celui d'août 1782, alimenté par la presse allemande et étrangère durant lequel les Romané Chavé furent atrocement torturés pour avouer les crimes les plus infâmes et les plus horribles que les fantasmes d'un peuple vicieux et sadique puissent produire.19 V

En Europe occidentale, ces mesures répandues et se poursuivant pendant des siècles ont constitué "un génocide lent mais flagrant. Des milliers de Gitans furent tués, mutilés ou bannis. La majorité poursuivant une existence précaire, uniquement grâce à la lenteur des moyens de communication, à l'inaccessibilité de certaines régions, et occasionnellement, à l'abri et à la protection offerts par les nobles qui en avaient les moyens". 20

En plus des massacres, c'était la déportation des Tsiganes dans les deux Amériques par les Anglais, les Espagnols, les portugais ... et les Français, sans parler du "travail utile" (les galères) pour lesquelles les Romané Chavé furent un "gibier préféré" pour tous les états maritimes, y compris celui du Pape, ce qui scandalisait même ses lieutenants préférés, les moines.

Une petite remarque s'impose pour les pays germaniques et les pays du nord : les autorités de l'Eglise Réformée, en tant que néophytes, ont montré plus d'ardeur que les autres pour la défense de la morale judéo-chrétienne. Ce sont eux, en grande paertie, qui sont responsables de tant de cruauté exercée contre les Romané Chavé dans ces pays. En Europe orientale, la situation est différente.

Ainsi, en Pologne, les Romané Chavé jouissaient, grâce aux décrets des rois polonais, d'une liberté totale. Mais quand le flot des Tsiganes persécutés se rua sur la Pologne, par toutes les frontières, en provenance d'Allemagne et de toute l'Europe occidentale, le royaume de Pologne émit à son tour des lois contre ces envahisseurs, en 1557, puis en 1578. Il est arrivé plus d'une fois que les nobles polonais soient allés jusqu'à cacher des Roma sous leur propre nom, au risque d'être bannis avec leurs protégés.

En Russie, les Romané Chavé nomadisaient librement. Dans un édit de 1763, Catherine II "conseille" seulement d'incliner les Romané Chavé à la vie sédentaire. L'humanité des fonctionnaires russes envers les Romané Chavé a eu plus de succès que toutes les rigueurs de Marie-Thérèse d'Autriche et des Prussiens. En 1830, dans le territoire de la Pologne annexée par les Russes "il est très rare d'apercevoir un Tsigane nomade".21 Mais quelques années plus tard, la Pologne et la Russie seront envahies par les Romané Chavé libérés de l'esclavage le plus dur que l'humanité ait connu : celui des Principautés danubiennes (la Moldavie et la Valachie). A ce propos, Kogalniceanu, tsiganologue roumain du 19ème siècle, écrit :

"Quand j'étais jeune, je voyais dans les rues de Iassy des êtres humains aux mains et pieds enchaînés, certains même portant des anneaux de fer autour du cou et de la tête. Des peines cruelles de fouet, de privation de nourriture, d'enfumage, de maintien nus dans la neige ou dans la rivière gelée, tels étaient les traitements infligés aux Gitans. La sainteté de leurs mariages et de leurs liens familiaux n'étaient pas respectés. On arrachait la femme à son mari, la fille était séparée de force de sa mère, on arrachait les enfants des bras de leurs parents, on les séparait et on les vendait aux quatre coins de la Roumanie. Ni les hommes, ni les lois n'avaient pitié de ces malheureux êtres humains". Il faudra attendre 1856 pour voir la libération définitive de 200 000 esclaves assortie de toutes sortes de limitations dans l'exercice de leurs propres métiers : danse et musique, travail des métaux ...etc.22

Avançons un peu dans le temps ... En 1909, en Hongrie, un orateur proposait (au cours d'une conférence) le"marquage des Gitans au fer rouge" comme au moyen-âge, en Autriche et en Allemagne, ainsi que la confiscation de leurs chevaux et de leurs roulottes. A Oslo, en 1930, une série d'articles exigeaient la stérilisation des Gitans... 23 VI

Ces quelques lignes montrent clairement l'enchaînement logique de la vie des Romané Chavé en Europe, du Moyen-Age à l'époque contemporaine, guidé par la main du clergé :

 

A l'époque contemporaine

Personnellement, j'ai enduré et vu de telles horreurs indicibles et indescriptibles pendant la dernière guerre que je n'ai pas le courage d'aborder ce triste sujet. Et je laisserai la parole, pour décrire cette période, à Donald Kenrick et Grattam Puxon ("Destins gitans : des origines à la solution finale") et à Christian Bernadac ("L'holocauste oublié : le massacre des Tsiganes"). J'aimerais toutefois apporter un correctif aux chiffres annoncés par ces auteurs, qui ne représentent que le nombre des Tsiganes "officiellement" exterminés, figurant sur les fichiers destinés aux chercheurs nazis pour leurs expériences biologiques. Or, on tuait les Tsiganes partout où on les trouvait, dans les forêts, sur les routes et dans leurs propres maisons, sans distinction de sexe ou d'âge. Les militaires enrôlés de force dans l'armée allemande et évadés qui se trouvaient avec moi dans les camps de concentration m'ont raconté que, dans les plaines de Hongrie et dans les autres pays de l'Europe orientale, les Tsiganes servaient de cibles mobiles pour les soldats. VII Personne, jusqu'à l'époque récente, ne savait le nombre des Tsiganes en Europe et dans le monde, car les statistiques officielles sont loin de recouvrir la réalité. Ainsi, le "Service d'informations" à Belgrade m'a donné, en 1962, son rapport sur les Tsiganes yougoslaves qui fait état de 84 713 "recensés". A mon passage à Skopje, six ans plus tard, tous les Tsiganes me riaient au nez en m'affirmant que des villages entiers, surtout en Macédoine, étaient presque uniquement habités par les leurs, ce qui porterait à 2-3 millions le nombre des Tsiganes en Yougoslavie. En 1978, lors d'une tournée en Espagne, mêmes réflexions, même disparité entre les chiffres officiels et ... officieux.

Cette disparité s'explique par les faits suivants :

- En Europe, le Tsigane est devenu le synonyme de "nomade" et, souvent, on ne tient pas compte dans les statistiques des Tsiganes sédentaires.

- De plus, étant donné les massacres cycliques dont ils ont été les victimes, les Tsiganes ont souvent la même réaction que les Juifs : "Je suis Français, je suis Italien, je suis Espagnol ...etc." disent-ils et, si l'enquêteur insiste, ils ajoutent : "Etes-vous racistes ? " Même encore récemment, Kaminski 24 cite le cas de Tsiganes tchécoslovaques ayant caché leur ethnie pour des raisons professionnelles et politiques. VIII

- Sans vouloir donner des pourcentages exagérés de l' "holocauste" tsigane pendant la dernière guerre, tous les auteurs récents font état de 30 à 30 % de la population massacrée sur les dix à quinze millions de Tsiganes vivant en Europe avant la guerre, soit 2 à 3 millions de tués. IX

- Enfin, il y aurait même des Tsiganes qui se seraient déclarés "Juifs" pour pouvoir toucher des dédommagements de guerre. J'en connais personnellement en France.

- Compte tenu de ces précisions et de l'accroissement démographique de la population tsigane (une moyenne de 5 à 9 enfants par foyer) on peut donc évaluer la population romani actuelle en Europe à trente à quarante millions d'individus.

Le chapitre "Le regain de l'après-guerre" extrait de "Destins gitans" montre que les calomnies et diffamations du clergé contre les Roma, remontant au Moyen-Age, sont responsables de la méfiance semi-millénaire des populations de l'Europe envers eux. Quoi d'étonnant à ce que même les Roma sortis des monceaux de cadavres des camps d'extermination devant les yeux éberlués des soldats britanniques ne soient pas arrivés à obtenir leurs dommages de guerre, ni même une aide de réfugiés, du fait d'être Tsiganes !

Certes, ils avaient des difficultés pour remplir des papiers aux multiples questions, mais les prisonniers romané qui se tenaient à peine sur leurs pieds avaient souvent perdu la mémoire. Moi-même, sorti du 7ème fort de Kovno (un vrai enfer dantesque) je ne me souvenais plus des noms de mes parents les plus proches. C'est seulement après ma déportation en France, évasion et Résistance au nord de Paris X, que j'ai commencé à me rappeler peu à peu les prénoms de mes frères et de ma soeur ... Ceux des Roma qui avaient reçu leurs cartes de réfugiés et qui par hasard la perdaient n'étaient pas mieux traités; "il suffisait d'être interpellé par la police pour se trouver sous le coup de la déportation par décision de justice, ou pour se voir chassé d'Allemagne par décision de police. Certains Gitans, ne pouvant obtenir le droit d'entrer dans un autre pays, se trouvaient pris dans un cercle vicieux, arrêtés et recondamnés à un temps de prison ..." Beaucoup de Tsiganes étaient internés dans des camps de réfugiés. Pour donner un exemple, les autorités militaires condamnaient les Tsiganes qui ne pouvaient démonter leur identité (comme les autres réfugiés d'ailleurs) à des années de prison ou même à la peine de mort. Mais comment auraient-ils pu faire la preuve de leur identité si tous leurs parents et connaissances avaient péri dans les fours crématoires ou tout simplement se trouvaient loin d'eux, ou dans leur propre pays, ou dans un camp de réfugié, ailleurs ? Mais l'Allemagne n'a pas l'apanage de ces abus de pouvoir. La situation n'est pas douce après la guerre pour les Roma en Europe occidentale. En Grande-Bretagne notamment, on assiste à des scènes de violence de la police : on brûle les roulottes devant les yeux effarés des enfants et des femmes enceintes, écrasant parfois des enfants en bas âge comme des poussins; on empêche les parents de chercher secours pour les enfants ou pour les malades ... coups et blessures se succèdent ...etc.

 ... (à suivre)


Notes de l'auteur

 

9 "Les Recherches de la France" par Estienne Pasquier, Conseiller et Avocat Général en la Chambre des Comptes de Paris, Livre IV, Paris 1665

10 "Journal of the Gypsy Lore Society" I ,1 (pp.272-275)

11 "Les parias de France et d'Espagne: Cagots et Bohémiens", par Victor de Rochas, Paris 1876 (p.247).

12 "Destins Gitans; des origines à la Solution finale", par Donald Kenrick et Grattan Puxon, Paris, Calman-Lévy 1974 (290 p.) cf p.285

13 Ibid. p.286

14 De Vaux de Foletier. o.c.

15 Victor de Rochas. o.c.p.239

16 Donald Kenrick et Grattan Puxon, o.c. p.63.

17 Journal of the Gypsy Lore Society 2 V p.156-157.

18 Donald Kenrick et Grattan Puxon o.c. p.63.

19 De Vaux de Foletier o.c. pp.70 et suivantes.

20 Donald Kenrick et Grattan Puxon o.c. p.55.

21 "Les esclaves tsiganes dans les principautés danubiennes" par A. Poissonnier, professeur de littérature française à Bucarest. Paris 1855.

22 Kogalniceanu, cité par Donald Kenrick et Grattan Puxon p.64, de Vaux de Foletier p.86 et JGLS 3d S vol.VIII pp 13-14.

23 Donald Kenrick et Grattan Puxon o.c; p.67.

24 "The state of Ambiguity" par I.M.Kaminski, University de Gothenburg, 1980, 365 p.


Notes de Balval

 I Voir aussi Journal d'un Bourgeois de Paris. Edité en livre de poche.

II Il ne faut pas oublier dans le même ordre d'idées que les Tatars ont été baptisés Tartares par les chrétiens en référence au fleuve mythologique de l'enfer, le Tartare.

III Voir "Les Gitans d'Espagne " Bernard Leblon P.U.F 1985 p.53.

IV Jean La Fortune alias Hemperla et Antoine Alexandre Reinhardt alias Antoine de la Grave alias Petit Conrad les commandaient. Il furent pris et exécutés sur la roue à Giessen en 1726. La famille Reinhardt avait servi les armées allemandes depuis trois générations.

V La Hamburger Newe Zeitung affirma qu'une bande de Tsiganes avait dévoré 84 personnes. Ils furent torturés pour avouer puis exécutés. C'est alors que les autorités conclurent à une erreur judiciaire !

VI En 1997, le scandale de la stérilisation forcée pratiquée en Suède bien avant les atrocités nazies de la Deuxième Guerre Mondiale a éclaté. Des particuliers ont porté plainte et accepté de témoigner devant les caméras de télévision. La stérilisation a en effet touché tous les groupes marginaux et pas seulement les Roma : personnes supposées malades ou débiles mentales, enfants de familles nombreuses ..etc.

VII Sans oublier les Roma des armées, soit professionnels ou volontaires ( le père de Vania de Gila, officier de l'Armée Rouge fut tué en défendant Smolensk) soit engagés de force et souvent placés en première ligne, comme dernièrement dans l'ex-Yougoslavie ainsi que le raconte Claire Auzias (Les Tsiganes. Ed Michalon 1995 p. 72 " "En Serbie, ils sont recrutés pour les postes dangereux de l'armée, ou embrigadés de force par les milices paramilitaires." Et p.74 "Les deux camps considèrent qu'ils possèdent avec les Roms une armée de réserve en cas de déflagration générale." Il s'est de tous temps passé la même chose dans toutes les armées européennes, les exemples abondent, prenons par exemple celui des armées napoléoniennes relaté dans George Borrow "The Zincali" Part II Chap.1": le récit d'Antonio "Je vais te dire, frère, je servais comme soldat dans la guerre d'indépendance contre les Français ..." Ainsi, tous les soldats romane tombés dans toutes les armées européennes au cours de la Deuxième Guerre Mondiale n'ont jamais été comptabilisés comme Roma, au mieux, ils l'ont été comme soldats.

VIII Ainsi en France en avril 1998, ce directeur d'un établissement d'enseignement à trois mois de partir en retraite déclarant publiquement pour la première fois son origine tsigane yougoslave.

IX En 1994, soit onze ans après ce rapport, Vania de Gila avance le chiffre de 7,5 millions pour le génocide tsigane. Voir "Parlons Tsigane" p.21 "Avant la guerre, il y avait approximativement 25 millions de Tsiganes dispersés à travers toute l'Europe dont 10 millions seulement se reconnaissaient officiellement comme Tsiganes. Or la majorité des tsiganologues (amis comme ennemis) sont d'accord pour avancer une hécatombe de 75% ..." Ce qui donne 7,5 millions en ne retenant que le nombre de 10 millions. D'autres part, en 1998, certains auteurs ont avancé le chiffre de 80 % ! Il y a la un problème arithmétique gênant pour un certain nombre d'Etats et de lobbies !

X Engagé volontaire dans l'armée polonaise en France le 24 août 1944, Vania de Gila est décoré de la médaille de la British Army 1939-1945.